La famille belgo-luxembourgeoise Dubois-Merenz est la première à se prêter aux “questions-réponses” de notre rubrique “Impressions d’ailleurs”. Nous les remercions de leur confiance. Avec eux, nous vous concoctons d’ailleurs une petite surprise pour la rentrée de septembre. Nous aurons l’occasion d’y revenir. Mais avant cela, en route pour le récit des aventures de Kali, Liam, Jessica et Mathieu (Carolo d’origine lui aussi): un tour du monde en 365 jours qui vous emmène au Cambodge, au Japon, à Tahiti et bien d’autres endroits de rêve encore… Si à la fin de cette interview, vous souhaitez en connaître davantage, nous vous donnons rendez-vous sur leur site www.kaliam-voyages.com

Kaliam voyages, qui êtes-vous ?

Bonjour et merci de nous accueillir sur votre blog. Alors Kali et Liam, ce sont nos deux enfants. Quand on a débuté notre tour du monde, Kali, notre fille, avait 3.5 ans et Liam 9 ans. Sinon, on est une famille qui adore voyager et dont le challenge était de découvrir un nouveau pays par an. Mais, ensuite, ce n’était plus assez. Et il fallait quinze nouveaux pays en un an !

On peut dire de Liam et Kali qu’ils sont comme Obélix, c’est-à-dire qu’ils sont tombés dedans (l’univers des voyages) quand ils étaient tout petits ?

A fond, qu’il sont tombés dedans. Enceinte de Liam, on a découvert la Thaïlande. On a failli ne pas rentrer car on ne savait pas que la permission du gynécologue n’était valable qu’une semaine et pas trois ! Lol. Très drôle souvenir. Le premier vol de Liam était à cinq mois, direction Tunisie et Kali son premier vol, c’était tout de suite un long courrier pour la Guadeloupe. C’est vrai qu’il ont déjà visité pas mal de pays et je crois qu’ils ont pris plus souvent l’avion que le train !

Le 1er juillet 2017, vous décolliez en direction de Lima pour un tour du monde d’un an. Pouvez-vous nous présenter les grandes lignes de ce tour du monde ?

Les grandes lignes, hmmm, ben, on n’a pas planifié grand-chose, à part les dix vols du ticket “tour du monde” et les trois premières nuits. Rien n’était vraiment planifié. Il fallait surtout tout arranger ici à la maison. Je devais changer complètement mon entreprise, passer en « paperless » pour devenir graphiste digital nomade et pouvoir quand même travailler avec mon équipe de n’importe où dans le monde. Et puis le grand stress, il fallait trouver un locataire pour notre maison… Ouf, un mois avant de partir, on a trouvé. La première destination était Lima (Pérou) et quatre mois plus tard, on décollait de Santiago (Chili), ce qui nous laissait une liberté totale et ce que nous avons adoré. En Asie aussi, les Philippines étaient prévues et trois mois plus tard, on décollait au Vietnam. Mais on ne savait pas qu’il fallait un vol de sortie du Vietnam et du coup on a dû réserver un vol à l’aéroport même, très stressant et pas top pour le portefeuille ! Du coup, la Malaisie et le Cambodge se sont ajoutés.

Comment avez-vous planifié votre itinéraire ? En fonction des envies des quatre membres de la famille uniquement ? Ou en fonction également de certaines destinations moins appropriées pour les enfants ?

Ah ça, c’est une chouette étape, la planification des pays ! Notre première liste avait vingt-huit pays. Puis, on a dû enlever tout un continent (Mexique et Guatemala) pour rentrer dans le budget vol qu’on s’était fixé. Et pour finir, il y avait dix pays planifiés pour finalement en visiter quinze. Les choix étaient un peu liés  au budget et on ne voulait pas refaire des pays qu’on avait déjà vus… Il fallait aussi se permettre de réaliser quelques rêves comme l’Île de Pâques pour ma part et le Japon pour Mathieu. La visite de la cousine en Australie était aussi un must. On aurait aussi aimé faire les pays du Nord, mais c’était un autre budget et également d’autres tenues vestimentaires ! Oh miracle, il y a des enfants partout dans le monde, donc on n’a pas dû prendre ce critère-là en compte lol… On ne voulait juste pas aller dans les pays en guerre, c’est tout. Ah oui, enfin, on ne voulait pas un an de course. On voulait voyager à notre rythme. Donc, on s’était dit un pays par mois, c’est top ! En définitive, on a quand même pas mal bougé et dormi dans nonante lits !!!

Par exemple, pourquoi pas l’Afrique ?

Bonne question, je ne sais pas pourquoi. La liste était déjà complète, mais Madagascar et le Cap Vert nous attirent beaucoup… on a encore tellement de pays à visiter !

Quand on part pour un an avec des enfants, tout doit-il être planifié à l’avance dans le moindre détail ? Ou laisse-t-on quand même de la place à de l’improvisation (destinations, logements, périodes, …) ?

Nous, on ne voulait pas planifier. Mais on a croisé des familles qui l’ont fait dans le moindre détail. On préférait rester spontané ! On s’adaptait à chaque pays. En Amérique Latine, on se baladait avec nos sacs à dos et on allait visiter des auberges ou mini-hôtels pour trouver quelque chose qui nous convenait. Après deux semaines dans la même chambre, il nous fallait un appart avec deux chambres et on passait pas airbnb. Souvent, on était avec des locaux et en dehors des zones touristiques beaucoup trop chères. Mais bon, il faut oser et ne pas avoir peur. On s’est déjà retrouvé dans des situations bizarres. Mais les gens sont toujours gentils dès qu’il y a des enfants. Et il n’y a pas beaucoup de gens qui voyagent avec une fille de 3 ans… donc Kali était la petite star et avait droit à des cadeaux et câlins un peu partout ! Sauf au Japon, pays qu’on a adoré, mais il ne sont pas très câlins !

Avec autant de pays traversés et une si longue période, cela ne doit pas être simple pour les bagages pour l’avion ?

Ah ben si justement, on avait de l’entraînement ! Moi un 45 litres, Math un 65 litres et Liam un 23 litres. Notre aîné portait ses affaires et ceux de sa sœur. Kali avait un mini sac pour son doudou et on avait encore un sac pour les ordinateurs. C’est tout ! Avec les sacs en tissu, des espèces de boxs, c’est très simple à ranger. On arrive, on sort les 2 packs par personne et hop, on est installé.

Dans cet esprit, se focalise-t-on sur un certain moyen de transport (le traditionnel quatre roues) ou recourt-on également aux moyens de transport public (bus, train, …) ?

Hihi, voici une drôle de question. Alors, on n’a vraiment pas eu peur de prendre tous les moyens de transports possibles ! Notre critère était que ça devait être le moins cher possible! Je ne vous dis pas le nombre de brouillons qu’on a fait en calculant et recalculant. Oui, je sais à pied et en vélo, c’est le moins cher… mais bon je n’avais pas envie de changer de garde-robe en maigrissant de trop, lol (petite blague).

Alors, en Argentine, aller de Salta aux chutes d’Iguazu, c’était moins de cher de louer une voiture à quatre que d’y aller en bus ou en avion. A Tahiti, le moins cher pour aller acheter du pain, c’était en vélo. Et au Japon, c’était moins cher de loger dans un camping-car que de prendre le train et les logements… En Amérique latine, on a pris énormément de bus: c’est tellement pas cher et ça nous fait économiser un logement si on y passe la nuit. On a fait en quelque sorte comme les locaux. Le train, on en a pris qu’un au Vietnam pour voir les paysages. Mais on n’a quand même pas tellement regardé tant on était fatigué. En Australie, on a pris aussi des trains pour aller au centre. Ah oui, au Vietnam, on a aussi loué des motos, et ben oui il faut s’adapter, et des tonnes de taxi, tuk-tuk, rikscha, …

Idem, pour les logements : uniquement à l’hôtel ou un peu à l’aventure (en tentes, auberges de jeunesse, chez l’habitant, …)  ?

Alors on a fait très peu d’hôtels. C’était trop cher. Et une semaine à quatre dans une chambre, on survit mais un an… pas trop ! On alternait donc entre auberges de jeunesse et airbnb. En Amérique latine, les auberges ont souvent quatre lits. C’était donc nickel pour nous. Les enfants adoraient les auberges car on croisait souvent des voyageurs francophones. On nous mettait souvent à part, pensant que les enfants allaient faire du bruit. Mais ce n’était jamais le cas. C’était plutôt les jeunes qui faisaient la fête. Mais beaucoup d’auberges ont des règles assez strictes et c’est le calme plat après 22h. En Asie, on a fait beaucoup de mini hôtels, genre 5 à 10 chambres. Quand le pays était cher (Nouvelle-Zélande, Japon, Tahiti, …), on essayait d’avoir une cuisine pour faire des économies. Et lorsque le pays n’était pas cher, on profitait un max et on ne cuisinait quasi jamais (Cambodge, Vietnam (trop bonne la nourriture au Vietnam)).

La question qui a certainement dû souvent revenir : comment s’organise-t-on pour un tour du monde avec des enfants en bas âge, dont un en scolarité ?

Alors, dès qu’on a pris la décision de partir, la scolarité était notre première question… et personne ne pouvait nous répondre ! Et en fait c’est très simple: il suffit de désinscrire son élève de l’école et de le réinscrire en tant qu’élève libre, en indiquant le système de cours qu’on va suivre et pourquoi on le fait. Simple non ?! Sinon, pour Kali, on s’entraînait un peu à compter ou à dessiner.

Peut-on pallier dans ce cas aux absences des copains et de la famille ?

Franchement, aucun souci. Faut pas oublier qu’il y a Skype, WhatsApp, Viber et Facebook… Mon père m’a dit qu’il avait plus de nouvelles quand j’étais partie que depuis qu’on est de retour ! 😉 J’avais dit à ma sœur « I’m just a wifi away » et c’est tellement vrai. Et puis on a eu des visites, ma sœur en Nouvelle-Zélande, mes beaux-parents aux Philippines et puis la cousine en Australie.

Quels pays, parmi ceux traversés, recommanderiez-vous pour des voyages en famille ? Y a-t-il des pays particulièrement « children friendly » ?

J’ai une superbe bonne nouvelle, il y avait des enfants partout ! Franchement, il y avait des choses à faire dans chaque pays… Les gens étaient adorables avec les enfants partout ! Allez si je dois en citer: je conseillerais le Pérou et le Vietnam…

A l’inverse, quels pays déconseilleriez-vous pour des voyages avec des enfants ?

C’est dure comme question… hmmm, le pays où on nous a dit trois fois de bien garder Kali près de nous, c’était en Bolivie. Mais là encore, c’est une des plus belles destinations qu’on ait visitée et je vous le conseille vivement !

Avez-vous rencontré des galères particulières lors de ce tour du monde ?

A Tahiti, lors de notre balade quotidienne pour aller chercher nos baguettes, le pied de Kali s’est pris dans la roue arrière. Il y avait du sang partout, le seul jour ou je n’avais pas de gsm sur moi. Quelle horreur. On a fait du stop. Et une gentille femme nous a amenés chez le médecin. Un grand merci à elle ! Bref ce fût l’horreur. Pendant six semaines, on a changé les pansements deux fois par jour. On avait très peur d’une infection. C’était quand même une sacré blessure ! Après Tahiti, le challenge de ma sœur, en Nouvelle-Zélande, était de faire marcher Kali qui craignait d’appuyer sur son pied… Vive les bonbons et les plaines de jeu pour le motiver !

Sinon, un moment assez dur fût la mort de mon grand-père ! Là, la distance a été très très difficile à supporter. Mais nous avons fait notre propre messe d’adieu. Liam a perdu son meilleur ami deux semaines plus tard. Bref Tahiti, c’était magnifique mais lié à beaucoup de mauvaises nouvelles.

Quelles ont été les principales difficultés à gérer ?

Vous êtes parents ? non ? Alors le pire des ennemis c’est la FAIM et la FATIGUE ! Vous voyez de quoi je parle très chers parents et ben c’est partout pareil, il n‘y a pas de secrets.

Quel est votre coup de cœur de cette aventure ? Si c’est possible de n’en retenir qu’un… 😉

Moi c’était le Cambodge, il m’a surpris, émerveillé et choqué.

Avez-vous pu tisser des liens toujours d’actualité aujourd’hui avec d’autres voyageurs ou des habitants des pays traversés ?

Oui, nous sommes encore en contact avec trois familles que nous avons croisées en route, l’une d’entre elle voyage toujours d’ailleurs. C’est magnifique de croiser des tourdumondistes en route.

Quels conseils auriez-vous envie de donner à des familles avec enfants en bas-âge qui voudraient se lancer dans le même type de périple que le vôtre ?

Allez-y !!!!!! N’attendez pas !!! Un an c’est rien du tout et quoi de mieux de faire ça en famille! Et comme j’ai déjà dit: il y a des enfants partout. Même des pampers, il y en a partout et ça se vend à la pièce dans beaucoup de pays.

Le retour à la réalité (se reconnecter) n’a-t-il pas été trop difficile pour chacun d’entre-vous ?

On était limite un peu choqué comme on se réadapte vite, trop vite à la réalité et à la routine! Liam a eu un peu de mal à rester assis en classe. Mais, après un mois, c’était bon. Le fait de vivre au jour le jour me manque beaucoup. Néanmoins, faire les sacs pas du tout ! On apprécie beaucoup plus les petites choses de la vie, genre de l’eau potable du robinet, notre maison, de l’eau chaude, nos paysages verts, …

Déjà un nouveau projet de voyage à la découverte du monde dans les cartons ?

La liste est longue des pays à visiter. Mais notre nouveau challenge c’est le zéro déchet. C’est un autre voyage, mais très ludique aussi. Là on se refait un peu une santé financière pour repartir plus loin. On est cependant déjà parti en Italie cette année ! Le ski a beaucoup manqué aux enfants. On va donc essayer de faire ça. Sinon, le Mexique et le Cap Vert nous attirent beaucoup pour l’instant. 😉