Cette phrase de l’écrivain français dans “Voyage dans le midi” traduit bien notre sentiment lors de la découverte de la vieille ville, au programme de cette deuxième journée de notre trip bordelais.

JOUR 2 – Après un copieux petit déjeuner et de chouettes échanges avec Nathalie et les autres hôtes, nous prenons le tram, toujours aussi ponctuel, direction Porte de Bourgogne. Comme hier, nous débutons donc notre visite par une des anciennes Portes de la ville, la plupart sont dues à l’intendant Tourny qui entendait par là ouvrir la Ville à l’extérieur. Dans la mesure du possible, nous privilégions les rues apparaissant en jaune sur la carte car elles sont piétonnes. Ce Bordeaux médiéval confirme nos impressions d’hier, celle 

d’une superbe ville où il fait bon flâner.

Autre monument en vue et incontournable que nous rejoignons via la Rue du Soleil est bien entendu celui de la Grosse Cloche, qui était la porte principale de la Ville mais aussi jadis le beffroi de l’hôtel de ville. Elle est d’ailleurs reprise sur le blason bordelais. Elle était encore plus importante dans le passé avec six tours. Elle peut aujourd’hui se visiter, à certaines périodes, mais à cinq personnes maxi. C’est l’occasion de découvrir les rouages de l’horloge ainsi qu’une geôle derrière une porte très épaisse. Signalons encore qu’elle est mitoyenne de l’église Saint-Eloi, qui vaut un petit coup d’oeil.

 

De là, nous déambulons ensuite dans la charmante rue St-James (qui doit son nom au fait qu’elle est la sortie sud empruntée par les pèlerins vers Saint-Jacques de Compostelle). Devenue piétonne en 2006, elle attire de nombreux commerces les plus originaux les uns que les autres, aux noms parfois originaux. Nous faisons une petite pause-café au Books and Coffee, qui propose une large panoplie de cafés et de thés dans un décor de bibliothèque.

Notre balade nous amène ensuite du côté de la Place Pey-Berland, où les monuments se bousculent, dans une atmosphère légère à nouveau (sans voitures). Il y a tout d’abord l’immanquable Tour, qui, du haut de ses 50 mètres domine la Ville. De la première terrasse, à 40 mètres, vous avez droit à un panorama complet sur la ville (l’ascension des 231 marches coûte 6 € mais gratuite le 1er dimanche du mois). C’est probablement le point de vue le plus intéressant de Bordeaux, même si nous ne l’avons pas testé. Une fois redescendus, vous pénétrez dans la majestueuse cathédrale Saint-André, séparée de quelques mètres. Elle vaut franchement le détour de par son style gothique épuré: la porte royale avec ses évêques et pape sculptés, les grandes orgues, la chaire en acajou, le choeur, …

Non loin de là, trône le Palais Rohan, devenu depuis 1836 l’hôtel de ville. Vous ne serez donc pas surpris d’y trouver en face la statue de Jacques Chaban-Delmas, ancien maire. A l’arrière de la Mairie, est situé l’un des nombreux musées de la ville, celui des Beaux-Arts mais il n’était pas à l’ordre du jour de notre programme. Nous empruntons alors la rue des Remparts pour nous retrouver face à la Porte Dijeaux. Nous flânons quelque peu dans la rue du même nom pour finir dans la librairie Molllat aux élégantes façades bleues, véritable institution à Bordeaux. Pour les amateurs de bouquins, cette librairie indépendante centenaire est un paradis: vous y trouverez certainement votre bonheur.

Un peu plus loin, nous traversons le Passage Sarget, dont la verrière illumine les boutiques de luxe mais aussi le salon de thé Any Tea’s avec son escalier en colimaçon signé Eiffel. Ce quartier était d’ailleurs celui de Goya, dont on trouve la statue devant l’église Notre-Dame. Nous débouchons ensuite sur la Place de la Comédie, avec ses deux grands restaurants aux chefs renommés, en face desquels resplendit le Grand Théâtre, lui aussi à l’architecture majestueuse. 

jardin public bordeaux

Direction non loin de là vers l’immense Place des Quinconces (qui tient son nombre des arbres plantés en quinconce) et son imposant Monument aux Girondins. Outre la beauté du l’endroit, c’est aussi le lieu de rassemblement et de fêtes pour les Bordelais. Profitant du soleil radieux, nous décidons de “pique-niquer” dans le jardin public, le poumon vert de Bordeaux. Comme le décrit si bien le guide “Un grand week-end à Bordeaux”, “on se croirait en plein tableau de Monet dans ce jardin dont la quiétude est tout juste troublée par la course-poursuite entre Guignol et Gnafron. La face nature de Bordeaux.” Pour l’occasion, nous n’oubliions de goûter la spécialité locale en dessert, le célèbre canelé.

Après une pause bien appréciable, nous reprenons notre “petit bonhomme de chemin”, en retournant aux sources de la Ville. Puisque nous allons à la découverte du Palais Gallien, les reste d’un amphithéâtre romain. Nous continuons à flâner dans le Triangle d’Or où, après avoir arpenté les Allées de Tourny, nous rallions la Place des Grands Hommes. Celle-ci n’a pas tire son nom de la chanson de Patrick Bruel mais d’un hommage aux philosophes français des 16e et 18e siècles. Les rues Montaigne, Montesquieu, Rousseau, Voltaire, Buffon et Diderot convergent ainsi vers cette place où trône une halle tout en verre et en piliers métalliques, avec une immense coupole au sommet. C’est l’occasion d’y faire ses emplettes.

Puisqu’il est question de courses, nous rejoignons la Rue Sainte-Catherine, une des plus grandes, si pas la plus grande artère commerciale piétonne d’Europe avec ses 1,2 km. La foule y est constamment au rendez-vous. Nous préférons fuir celle-ci pour continuer à flâner dans les rues adjacentes calmes et parfois au charme insoupçonnable. Après un détour par la Place Camille Jullian, où un cinéma Utopia a été aménagé dans une église désacralisée, nous terminons nos visites du jour par la Porte Cailhau. Nous avions l’inteention de monter à son sommet mais nous revoyons nos plans, vu le droit d’entrée (5 €). A refaire, nous monterions au sommet de la Tour Pey-Berland. Mais, même si nous n’avons pas vu le centre-ville d’en haut durant notre séjour, nous n’avons aucun regret car la ville est très belle vue d’en bas également.

La journée n’est pas terminée pour autant car le programme de la soirée est chargé. Pour la débuter, nous nous régalons de fruits de mer et poissons au Petit Commerce, Rue Parlement Saint-Pierre. C’et d’un bon rapport qualité-prix. Il est fortement conseillé de réserver. Ensuite, Magali a eu la bonne idée de planifier un spectacle au Théâtre “Le Victoire”. Nous assistons à une pièce sous le ton d’humour au titre équivoque “Faites l’amour, pas des gosses”. Si on a bien ri, beaucoup des parents se retrouvant dans les scènes cocasses, on sera aussi content de bientôt retrouver nos Zélie et Léo.